Autrefois dans le diocèse d’Avignon, en juin (1871-1971)

6 juin 2021

Les 150 ans de la Commune (mars-mai 1871)

Dans son édition du 3 juin 1871, ​La Revue des Bibliothèques paroissiales du Diocèse d’Avignon, sous le titre Le massacre des otages, rendait compte des événements de la Commune de Paris. Cette période insurrectionnelle, qui dura plus de deux mois, s’acheva fin mai 1871, par ce qui fut appelé la Semaine Sanglante. Il s’agissait pour les insurgés, opposés au gouvernement désigné par l’Assemblée Nationale, d’établir une démocratie directe.

 
Mgr Dubreil, archevêque d’Avignon pendant la Commune

« Nous recevons sur l’épouvantable massacre de otages des renseignements dont nous pouvons garantir la douloureuse exactitude. 
C’est lundi soir, à 9 heures, que les communeux (sic), voyant que les troupes étaient définitivement maîtresses de Paris, transférèrent les otages… Les malheureux prisonniers, les prêtres surtout, furent pendant tout le trajet l’objet des outrages violents de la population.
C’est mercredi, dans un fossé qui se trouve auprès de la prison, qu’eut lieu la première exécution. Cinquante victimes tombèrent ce jour-là sous les balles des assassins, parmi lesquels l’Archevêque de Paris (Mgr Darboy), M. Bonjean, M. Deguerry, curé de la Madeleine, M. Surat, Grand-Vicaire, et deux pères jésuites, les PP. Ducoudray et Alexis Clair.
Vendredi on fit sortir un certain nombre d’otages, on les conduisit dans le cimetière du Père Lachaise, où ils furent fusillés. Parmi eux se trouvaient encore trois pères jésuites, les PP. Olivaint, Caubert et de Benzy.
(…) Le samedi, au moment où les insurgés allaient enfin massacrer le reste de leurs prisonniers, nos troupes arrivèrent et s’emparèrent de Mazas. Parmi les prisonniers qui se trouvèrent ainsi dégagés, était un père jésuite, le R.P. Bazin qui est venu immédiatement à Versailles où il est arrivé dans la matinée de Dimanche. Le R.P. Bazin a fait connaître un détail touchant. Lundi quelques heures avant la translation de Mazas à la Roquette, une personne a pu, au risque de sa vie, faire passer au P. Ducoudray un certain nombre d’hosties consacrées que celui-ci a pu partager avec ses frères prisonniers, avec l’Archevêque, M. Surat et M. Deguerry".

Monsieur l’abbé Joseph Antoine Moutonnet (1813-1871)

Le 5 juin 1871, l’abbé Moutonnet, à l’âge de 58 ans, quittait cette vie aux Vignères où il était parti se reposer.

Joseph Antoine Moutonnet est né à la Tour-d’Aigues le 16 mars 1813. Il fut ordonné prêtre le 9 juin 1838. Nommé vicaire à Bedoin en juillet, puis au Thor, en décembre de la même année, il fut ensuite vicaire à Saint-Agricol en 1840. Nommé recteur à Montfavet en 1848, il fut ensuite transféré à la cure de Saint-Didier « dans Avignon  » en 1852. Il était chanoine honoraire de la Métropole Notre-Dame-des-Doms depuis 1850.


Abbé Moutonnet, sacristie de Montfavet

L’auteur de la nécrologie souligne l’ardeur qu’il a employée à restaurer et embellir l’église de Saint-Didier. Il fut l’auteur de « nombreux ouvrages dont la presse du pays a plusieurs fois parlé avec éloge. Ce n’est pas là néanmoins tout son mérite, ce prêtre modeste a fait par sa plume et par son zèle d’autres œuvres demeurées inconnues, mais il en aura trouvé devant Dieu la meilleure récompense ».

Les archives, en 1971

Nihil novi sub sole ! Dans le bulletin diocésain n°12 de 1971, une note concernant les archives paroissiales, et donnant quelques prescriptions, s’achevait ainsi :

Paperasse ! dira-t-on. Non ! Charité !
Charité pour ceux qui nous succéderont.
Charité pour les paroissiens qui ont besoin d’un renseignement ou d’un acte
Charité pour nous-mêmes qui saurons où trouver les documents dont nous aurons besoin et gagnerons un temps plus utile pour d’autres tâches.


Abbé Aubert, archives privées

Même si la note n’est pas signée, on peut penser qu’elle provient de l’archiviste de l’époque, depuis 1967, l’abbé Eugène Louis Alfred Aubert. Originaire de Mondragon où il est né le 28 octobre 1905, après son ordination le 22 décembre 1922, il fut vicaire à Bollène, puis curé du Beaucet en 1935, curé-doyen de Mormoiron en 1943, curé de Camaret en 1957 puis aumônier de l’Enclos Saint-Jean et archiviste en 1967. Il est décédé le 4 juin 1972.

 

Abbé Bruno Gerthoux
Archiviste