Autrefois dans le diocèse d’Avignon - juillet 1972

1er septembre 2022

Figure de prêtre : Monsieur le chanoine Antoine GAILLARD (1898-1972)

Le 28 juillet 1972 s’achevait à Lyon, le pèlerinage du chanoine Antoine Gaillard.

Un auvergnat à Avignon

Il est né à Clermont-Ferrand le 18 avril 1898.

Alors que ses parents demeurent à Clermont-Ferrand (15, rue Saint-Joseph), il entre au Grand-Séminaire d’Avignon en 1915, avec les abbés Meffre, Robert et Roque. Le 24 mars 1917, il est incorporé au diocèse d’Avignon et reçoit la tonsure.

Ordonné prêtre le 17 décembre 1921, il fut nommé vicaire de Monsieur l’abbé Chabrol à l’Isle-sur-la-Sorgue en 1922, puis en 1924 à Notre-Dame-d’Orange de Monsieur le chanoine Méritan, enfin à Saint-Agricol de Monsieur le chanoine Bertrand.

Sous-directeur des Œuvres en 1937, il fut nommé curé de Caromb en 1940, puis curé-doyen de Saint-Pierre dans Avignon en 1944.

Étant pourvu d’un doctorat en Droit canonique, il fut d’abord vice-official, membre du Conseil puis official en 1958. En 1965, il fut nommé vice-archiprêtre et coadjuteur de Monsieur le chanoine Bérard, à Saint-Agricol, et lui succéda en 1966.

En 1944, il fut créé chanoine honoraire du vénérable Chapitre de Notre-Dame-des-Doms.

Le chanoine Arlaud, son ami et confident

Le chanoine Arlaud, son ami et confident, écrivit un article qui fut largement cité dans la livraison de septembre du Bulletin Religieux du Diocèse d’Avignon. Si ses paroles nous en apprennent beaucoup sur la figure du chanoine Gaillard, par son style et ses propos choisis, elles en disent autant sur leur auteur, autre figure marquante du clergé avignonnais sur laquelle nous reviendrons sans doute.


Paul Arlaud

Au service de l’Église

« Avant d’aimer et de servir l’Église, il la faut évidemment connaître et ne prétendre jamais qu’on la connaît assez. Comme tout prêtre instruit, le chanoine Gaillard n’ignorait point l’identité foncière et mystérieuse de l’Église, corps mystique du Christ, mère des âmes, sacrement du salut, au rôle irremplaçable dans l’humanité. »

« De cette même Église, les structures visibles lui étaient singulièrement familières. La Curie romaine et ses dicastères, le Sacré-Collège et ses cardinaux, le Saint-Siège : sa diplomatie, ses efforts pour l’unité, la justice et la paix, ses initiatives charitables, etc. Quant aux évêques de France, auxiliaires et coadjuteurs y compris, il pouvait les énumérer sans broncher, avec moult détails à l’appui. Il est bien certain qu’à son poste d’official, son érudition en droit canonique, la lecture des revues documentées, lui facilitaient cette information aussi précieuse qu’abondante ».

Un comtadin d’adoption

« Un comtadin de vieille souche n’est pas plus attaché à notre terre de Haute-Provence que ne l’était ce fils de l’Auvergne. Directeur des Œuvres… il parcourt le diocèse en tous sens, visite les aumôniers d’Action Catholique, les prêtres de paroisse, s’intéresse, pour les résoudre avec eux, à leurs questions tant d’ordre spirituel que matériel, à leur santé, à leurs soucis, à leurs projets. »

Infatigable curé

« Il maintient ce qui peut et doit être maintenu ; il met tout en œuvre pour organiser l’apostolat auprès des jeunes foyers, pour animer la liturgie dominicale, les réunions inter-paroissiales. Comme un bon scribe, il sait unir le neuf à l’ancien ; comme un bon pasteur, il prend soin de tout le troupeau et cherche à ramener la brebis éloignée ou perdue ». Malgré toutes ses charges et responsabilités, il savait garder du temps pour l’étude et la recherche historique, notamment la période pontificale, « convaincu que les pontifes avignonnais ont bien servi l’Église et l’humanité, qu’ils ont bâti du sérieux, du solide, de l’impérissable  »

Abbé Bruno Gerthoux
Archiviste