Forts dans l’espérance

10 septembre 2023

Forts dans l’espérance

 

 Saint Paul, s’adressant aux chrétiens de la ville de Colosse, les exhorte en disant : « Frères, vous étiez jadis étrangers à Dieu, et même ses ennemis, par vos pensées et vos actes mauvais. Mais maintenant, Dieu vous a réconciliés avec lui, dans le corps du Christ, son corps de chair, par sa mort, afin de vous introduire en sa présence, saints, immaculés, irréprochables. Cela se réalise si vous restez solidement fondés dans la foi, sans vous détourner de l’espérance que vous avez reçue en écoutant l’Évangile proclamé à toute créature sous le ciel. » (Col. 1, 21-23).

 Le pape Benoit XVI, dans sa lettre encyclique Spe Salvi (sauvés par l’Espérance) soulignait que la crise que pouvait connaître l’Eglise, avant d’être celle de la foi, était celle de l’Espérance, dont saint Paul nous dit précisément qu’il ne faut pas se détourner, pour rester solides dans la foi.

 Nous nous détournons de l’Espérance lorsque nous ne faisons confiance qu’à nous-mêmes, aux autres, au monde. En effet, rapidement, nous sommes confrontés aux limites, pauvretés et péchés ; les nôtres, ceux des autres et du monde. Nous faisons la douloureuse expérience des épreuves, combats, contradictions, déceptions et échecs. La tentation est alors réelle d’abandonner, de nous renfermer, pire de nous aigrir. Pour autant, il ne s’agit pas de mépriser ce que nous sommes et de méconnaître ou d’ignorer nos compétences, nos ressources, nos qualités. Au contraire, il s’agit précisément de leur donner toute leur place, de leur permettre de donner toute leur mesure, d’apprécier leur juste valeur.

 Or, la source de cette Espérance, c’est « l’Evangile proclamé à toute créature sous le ciel  ». Cet Evangile continue à être proclamé, non seulement lorsque la Sainte-Ecriture est annoncée à la messe, mais aussi dans toute la célébration de la messe, notamment lorsque l’Evangile, la Parole de Dieu se fait chair, et qu’Elle est nourriture de Salut et de vie. Cet Evangile est proclamé dans la vie de l’Eglise, de la même manière qu’il s’est manifesté et rendu visible glorieusement dans la vie des saints.

 L’Espérance n’est pas l’attente d’un avenir possible, probable, imaginé ou rêvé, mais l’Evangile proclamé, contemplé, célébré et vécu.

 

Abbé Bruno Gerthoux, curé