Mise en beauté à Saint-Joseph de la Barthelasse

1er octobre 2022

Parmi les nouveaux chantiers de cette rentrée, j’ai eu la joie de découvrir la peinture en décor de l’église communale de Saint-Joseph de la Barthelasse, à Avignon. Cette réalisation illustre assez bien les questions actuelles portées par nos communautés : comment entretenir ces biens, quel signe voulons-nous donner, quels moyens nous donnons-nous ? Et si elles ne sont pour l’instant qu’entrevues, il faudra bientôt en prendre toute la mesure !

Saint-Joseph de la Barthelasse est une église vivante, attachée à la paroisse Saint-Agricol - Saint-Louis. Saint-Joseph de la Barthelasse, lieu de célébrations mensuelles et de fêtes exceptionnelles : sacrements du baptême et du mariage, fête de la Saint Joseph, etc. La paroisse a aussi fait le choix de mettre son église à disposition de la communauté orthodoxe du Père Georges Caileanu, dans une belle communion fraternelle.

Devant la vétusté des lieux, à la peinture salie par le temps et cloquée par l’humidité, la communauté orthodoxe se retrousse les manches et entame un grand chantier de remise au propre. Cela implique déménagement des bancs, tableaux et ornements, échafaudages, mètres linéaires de plastique de protection, et pas mal d’huile de coude. Je vous laisse imaginer le travail, à la hauteur du résultat : c’est impressionnant ! Les photographies rendent assez peu compte de l’état initial, mais l’édifice lépreux a laissé la place à une église propre et digne.

En cours de chantier.
Etat des lieux : la peinture rose s’écaille avec joie !
De l’entretien à l’Annonce, il n’y a parfois qu’un pas.

Ce chantier était une mise à jour, un rattrapage sur un manque d’entretien qui a permis de retrouver un état correct. Une première étape nécessaire et bienvenue ! Qui ouvre la porte à une suite d’une dimension plus pastorale. En effet, sur cette base saine et neutre, un projet de création a vu le jour : l’église s’est ornée de frises et motifs, venus souligner la composition architecturale, le chœur et les deux chapelles latérales, piliers et modénature. Un décor peint, des couleurs douces mais un ton joyeux, une répétition du motif ; voilà que les murs de l’église témoignent déjà de la vitalité de la communauté qui y vit, de sa joie, de son attention portée à la maison du Seigneur comme à ceux qui y entrent.

Enfin presque, car de manière inédite, mais qui semble un peu une redite de mon dernier article, la mise en valeur de l’édifice, après intervention de la communauté orthodoxe, a été initiée et portée par la Ville d’Avignon, en collaboration avec l’École d’Avignon, spécialisée dans le bâti ancien et qui forme à la peinture en décor. Comme témoignage, nous, paroisses, pourrions faire mieux…

Le chœur après mise en peinture
Détail d’une chapelle latérale

 

Un peu d’audace, une touche d’Espérance, il n’en faut parfois pas beaucoup plus pour se lancer dans un projet de restauration qui soit un témoignage de Foi. Benoît XVI lors de sa rencontre avec les artistes, en 2009, leur disait : 

« La beauté, comme la vérité, est ce qui apporte la joie au cœur des hommes, elle est ce fruit précieux qui résiste à l’usure du temps, qui unit les générations et les fait communiquer dans l’admiration. […] Qu’est-ce qui peut redonner l’enthousiasme et la confiance, qu’est-ce qui peut encourager l’âme humaine à retrouver le chemin, à lever le regard vers l’horizon, à rêver d’une vie digne de sa vocation sinon la beauté ? Chers artistes, vous savez bien que l’expérience du beau, du beau authentique, pas éphémère ni superficiel, n’est pas quelque chose d’accessoire ou de secondaire dans la recherche du sens et du bonheur, car cette expérience n’éloigne pas de la réalité, mais, au contraire, elle mène à une confrontation étroite avec le vécu quotidien, pour le libérer de l’obscurité et le transfigurer, pour le rendre lumineux, beau. »

Quel signe voulons-nous donner ? Quels moyens nous donnons-nous, et plus encore, qu’attendons-nous ?

Marie-Anne Molle