23 juin 2021


Edito de l’évêque> Bienvenue, Mgr Fonlupt

Vendredi 11 Juin 2021, Mgr François FONLUPT était nommé par le Pape François, archevêque de l’archidiocèse d’Avignon.

Nous nous réjouissons. Nous lui souhaitons la bienvenue et l’attendons pour vivre avec lui notre mission de témoins de l’évangile sur cette belle terre du Vaucluse, marquée par une histoire chrétienne si riche.

Dimanche 11 Juillet à 15h, il prendra possession du siège d’Archevêque à la Métropole Notre-Dame-des-Doms. Malheureusement en raison de la capacité limitée des lieux, la participation sera réservée aux seules personnes munies d’une invitation, mais elle sera retransmise en direct sur les media diocésains.

Dimanche 5 Septembre à 15h, à la Cathédrale Saint-Siffrein de Carpentras, au cours d’une assemblée plus nombreuse et variée, l’Église diocésaine sera heureuse de l’entourer et de prier pour la fécondité spirituelle et pastorale de son épiscopat.

Nous prions pour l’Église de Rodez et Vabres qui doit s’en séparer après dix années de vie partagée.

Réjouissons-nous et prions pour lui et notre Église diocésaine. 

« Église d’Avignon, ne crains pas ! Avance au large. »

+ Mgr Georges Pontier
Administrateur apostolique

Aux membres du Peuple de Dieu qui est dans le Vaucluse

Baptisés, fidèles du Christ,
Laïcs consacrés,
Religieuses et religieux,
Diacres et Prêtres

Frères et sœurs en Christ.

Il y a déjà quelques semaines, au cœur du temps pascal, Mgr Migliore, Nonce Apostolique en France, m’a fait part de la décision du Pape François de me nommer archevêque d’Avignon à la suite de Mgr Jean-Pierre Cattenoz qui a porté la charge votre diocèse pendant 18 années.

Cette nouvelle est venue me surprendre, m’interroger, m’effrayer quelque peu… Il en est ainsi face à un appel inattendu. Comme dans d’autres étapes déterminantes de ma vie, j’ai cherché à recevoir dans la confiance cet appel qui me dépasse. J’ai estimé qu’il n’y avait pas d’éléments qui auraient pu justifier que je me dérobe. J’ai donc répondu positivement. Depuis ce temps, en cette période si particulière de ‘réserve’, avant que la nouvelle puisse être officialisée, mon esprit et ma prière s’orientent vers vous que je vais rejoindre bientôt pour vous servir et servir avec vous notre Église et les hommes et les femmes qui vivent en ce département du Vaucluse.

Pour vous dire dans quelle attitude je vous rejoins, il me semble important de vous partager en quelques lignes d’où je viens.
Ordonné prêtre en 1979 pour le diocèse de Clermont, j’ai servi cette Église pendant 32 années à travers des missions variées que mon évêque a souhaité me confier. Cela m’a permis d’accompagner la vie des personnes, de soutenir l’animation des communautés, d’accueillir tout particulièrement les catéchumènes et les personnes revenant vers le Christ et son Église ; j’ai aussi été amené à rencontrer d’autres croyants et à réfléchir à l’enjeu du lien aux autres religions et à l’estime que nous sommes appelés à manifester aux croyants de diverses confessions.

J’ai été nommé évêque de Rodez par le Pape Benoît XVI et ordonné en la cathédrale de cette ville le 5 juin 2011. Appelé à la servir, c’est donc lié à cette belle Église du Rouergue, que j’ai appris peu à peu mon ministère d’évêque et ai pu le vivre au long de ces 10 années, en relation avec les prêtres, les diacres, les baptisés dont un nombre significatif donne un visage renouvelé aux communautés, les congrégations religieuses apostoliques et contemplatives. Dans le cadre de la Conférence des évêques de France, j’ai été membre pendant six années du Conseil permanent et préside actuellement le Conseil pour les mouvements et associations de fidèles.

Au cours de ces années, l’Église de Rodez a cherché à vivre, et à ouvrir des chemins nouveaux pour être plus justement, dans l’aujourd’hui, signe de la tendresse de Dieu auprès des personnes. Deux années de synode (2015-2017) nous ont permis de baliser ensemble ce chemin. Tout n’a pas été simple bien-sûr, mais ces années ont été passionnantes, nourries de la joie que le Seigneur promet à ceux qui le suivent. L’aventure de cette Église est belle et aussi délicate, dans les transformations qu’elle connaît, les déplacements qui sont à vivre, les chemins nouveaux à explorer. Cela aurait pu se poursuivre… ! J’ai un peu l’impression d’être invité à la laisser au milieu du gué ! Mais je sais qu’un autre pasteur lui sera envoyé pour continuer à accompagner son chemin.

Si je connais quelque peu Avignon et le Vaucluse pour y être passé en période estivale, je ne connais pas votre Église. Sauf, exception notable, l’Institut Notre-Dame de Vie fondé par un enfant de l’Aveyron, le Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant Jésus. Je ne sais de quelle manière, mais je suis certain qu’il accompagne cette étape.

Venant vers vous, j’ai donc tout à découvrir, de la vie des hommes et des femmes de cette terre, de la riche histoire de votre Église, de la variété des communautés, des étapes vécues ces dernières années, de son visage actuel. J’aurai à rencontrer et à apprendre à connaître les prêtres et les diacres que je sais nombreux, à faire connaissance avec les communautés religieuses, à découvrir la diversité de l’engagement des chrétiens et leur manière de témoigner de la proximité du Christ. Pour avoir rencontré Mgr Georges Pontier qui assure l’administration du diocèse en cette période, et échangé avec lui, je sais que vous êtes confrontés à des questions importantes, que des blessures vives peuvent marquer certains. Je sais également votre attente d’un élan et votre souhait de repartir vers un horizon renouvelé.

Je ne viens pas vers vous avec un programme arrêté. J’arrive plutôt les mains nues, souhaitant découvrir et recevoir ce que vous êtes et vivez pour l’accompagner et le servir. Je voudrais d’abord vous demander l’hospitalité, car j’ai besoin de percevoir ce que vous vivez du Christ. Tout appel à quitter est un déplacement, un décentrement de soi pour aller au pays de l’autre et reconnaître en lui le don de Dieu. Je voudrais me tenir dans cette attitude. Vous aurez aussi à m’accueillir et à me découvrir, dans mes capacités et mes richesses, comme dans mes limites et mes pauvretés. Nous aurons donc à vivre réciproquement ce mouvement d’ouverture. Je crois que le Seigneur saura permettre que du nouveau surgisse de cette rencontre. Je suis persuadé que nous saurons nous engager dans cette marche ensemble sur un chemin de synodalité, celui que le Pape François nous présente comme « le chemin que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire ».
Déjà vous êtes présents, et chaque jour davantage, à mon attention et à ma prière. Je vais vous rejoindre bientôt… Un peu de temps est simplement nécessaire pour rendre grâce avec l’Église du Rouergue de ces années que le Seigneur nous a donné de vivre ensemble, et que ses membres m’envoient pour vous rejoindre.

J’ai commencé à écrire ces lignes le jour de la fête de la Visitation. Marie se rend en hâte dans la montagne de Judée pour rejoindre sa cousine Elisabeth dont elle sait qu’elle porte la vie. Cette rencontre si déterminante pour ces deux femmes, leur permettant mutuellement de reconnaître la Vie qui les habite : le Mystère qu’elles portent l’une et l’autre. C’est au cœur de cette rencontre que Marie laisse jaillir le chant de son Magnificat. Le Seigneur ne cesse de promettre des merveilles à ceux et celles à qui il donne de se rejoindre.

Désormais, « vous êtes une lettre du Christ confiée à notre ministère ». 2 Co 3,3
Je vous dis à très bientôt, pour la joie de cette rencontre. Je vous demande avec instance de prier pour moi. Qui pourrait s’estimer digne d’une telle mission ?

Que le Seigneur vous bénisse et vous comble de sa Paix.

Le 11 juin 2021
Solennité du Sacré-Cœur de Jésus

+ François Fonlupt
Archevêque nommé d’Avignon

Actualité du diocèse> Nominations - Juin 2021

Conformément à sa mission d’administrateur apostolique, consistant à « veiller au bon fonctionnement de la vie de cette Eglise, sans prendre pour autant de décision qui orienterait l’avenir », Mgr Georges Pontier, a pris les décisions suivantes.

La renonciation à la charge curiale de Saint-Saturnin-lès-Avignon par le Père Nelson Vega Opazo est acceptée. Il administrera la paroisse jusqu’au 15 août. Il sera envoyé, selon sa demande, comme prêtre Fidei Donum dans le diocèse de Santiago du Chili.

A partir du dimanche 15 août 2021 :

  • Le Père Thomas Van Binh Khuong est nommé administrateur de la paroisse de Saint-Saturnin-lès-Avignon.
  • Le Père Benoît Tartanson est nommé vicaire paroissial de Montfavet et membre de l’équipe diocésaine de la Pastorale des Jeunes.

Le livre du mois> De l’Espérance, de J. Pieper

N’oubliez pas d’eux choses, nous avertit l’auteur :
La première : « vous êtes sortis du Néant », la deuxième : « c’est Dieu qui vous en a tirés par amour ».
La première pensée, en nous rappelant notre misère, nous garde de l’illusion d’être déjà arrivés - c’est le péché de présomption ; la deuxième, en nous rappelant l’amour de Dieu, nous garde du péché de désespoir...deux contrefaçons de l’espérance. 

L’homme est un pèlerin voyageur ici bas, un être en chemin vers son accomplissement :

de l’image imprimée en nous dès l’origine, vers la ressemblance : « nous serons semblables à Lui car nous Le verrons Tel qu’Il Est ».

Contrairement à ce que prônent les philosophies existentialiste, nihiliste - ou autres philosophies de l’absurde - notre marche n’est donc pas un errement sans but entre l’être et le néant mais un pèlerinage vers notre Patrie Céleste. 

L’espérance naît de deux vertus qui sont nécessaires pour accomplir ce pèlerinage : la magnanimité et l’humilité...

alors que nous sommes plutôt enclins au contraire :
l’indolence et l’orgueil.
En effet, on se croit toujours plus que l’on est, mais on espère toujours moins que l’on devrait être.
Le manque de magnanimité nous enlève l’ambition d’être des saints (on n’y arrivera jamais : c’est le désespoir).
Le manque d’humilité nous fait croire qu’on est déjà des saints (« on ira tous au paradis » : c’est la présomption).

Si le désespoir naturel devant l’épreuve est compréhensible et légitime - même s’il peut justement être surpassé par l’espérance...comme le dit Claudel « l’Espérance c’est le désespoir surmonté » -, en revanche, le désespoir surnaturel, lui, est une contradiction en soi, un auto-déchirement : en effet, l’homme nie alors son propre désir, cette soif de bonheur et d’absolu. 
Saint Thomas parle de ce désespoir comme d’une résistance opiniâtre et blasphématoire contre la grâce : c’est le fameux péché contre l’esprit.
Le commencement et la racine de ce désespoir est souvent l’acédie : une indolence et une tristesse qui viennent de ce manque de magnanimité, mal si courant à notre époque...
À force de dire « peut-être », à force de suspendre le oui, celui-ci se transforme en non définitif - par orgueil finalement - et c’est alors l’évitement par cynisme ou la fuite éperdue dans les plaisirs . 
Or, comme le dit si bien Benoit XVI,

celui qui veut faire de la terre un paradis en fait un enfer parce qu’il demande au temps d’accomplir les promesses d’éternité.

Ce livre est plus que jamais d’actualité pour inciter nos contemporains à retrouver le chemin de l’Espérance, seule réponse à l’illusion d’un bonheur fugace ou à l’angoisse existentielle qui mine notre monde en perte de repère. 

Il y a 100 ans dans le diocèse> Autrefois dans le diocèse d’Avignon, en juin (1871-1971)

Les 150 ans de la Commune (mars-mai 1871)

Dans son édition du 3 juin 1871, ​La Revue des Bibliothèques paroissiales du Diocèse d’Avignon, sous le titre Le massacre des otages, rendait compte des événements de la Commune de Paris. Cette période insurrectionnelle, qui dura plus de deux mois, s’acheva fin mai 1871, par ce qui fut appelé la Semaine Sanglante. Il s’agissait pour les insurgés, opposés au gouvernement désigné par l’Assemblée Nationale, d’établir une démocratie directe.

 
Mgr Dubreil, archevêque d’Avignon pendant la Commune

« Nous recevons sur l’épouvantable massacre de otages des renseignements dont nous pouvons garantir la douloureuse exactitude. 
C’est lundi soir, à 9 heures, que les communeux (sic), voyant que les troupes étaient définitivement maîtresses de Paris, transférèrent les otages… Les malheureux prisonniers, les prêtres surtout, furent pendant tout le trajet l’objet des outrages violents de la population.
C’est mercredi, dans un fossé qui se trouve auprès de la prison, qu’eut lieu la première exécution. Cinquante victimes tombèrent ce jour-là sous les balles des assassins, parmi lesquels l’Archevêque de Paris (Mgr Darboy), M. Bonjean, M. Deguerry, curé de la Madeleine, M. Surat, Grand-Vicaire, et deux pères jésuites, les PP. Ducoudray et Alexis Clair.
Vendredi on fit sortir un certain nombre d’otages, on les conduisit dans le cimetière du Père Lachaise, où ils furent fusillés. Parmi eux se trouvaient encore trois pères jésuites, les PP. Olivaint, Caubert et de Benzy.
(…) Le samedi, au moment où les insurgés allaient enfin massacrer le reste de leurs prisonniers, nos troupes arrivèrent et s’emparèrent de Mazas. Parmi les prisonniers qui se trouvèrent ainsi dégagés, était un père jésuite, le R.P. Bazin qui est venu immédiatement à Versailles où il est arrivé dans la matinée de Dimanche. Le R.P. Bazin a fait connaître un détail touchant. Lundi quelques heures avant la translation de Mazas à la Roquette, une personne a pu, au risque de sa vie, faire passer au P. Ducoudray un certain nombre d’hosties consacrées que celui-ci a pu partager avec ses frères prisonniers, avec l’Archevêque, M. Surat et M. Deguerry".

Monsieur l’abbé Joseph Antoine Moutonnet (1813-1871)

Le 5 juin 1871, l’abbé Moutonnet, à l’âge de 58 ans, quittait cette vie aux Vignères où il était parti se reposer.

Joseph Antoine Moutonnet est né à la Tour-d’Aigues le 16 mars 1813. Il fut ordonné prêtre le 9 juin 1838. Nommé vicaire à Bedoin en juillet, puis au Thor, en décembre de la même année, il fut ensuite vicaire à Saint-Agricol en 1840. Nommé recteur à Montfavet en 1848, il fut ensuite transféré à la cure de Saint-Didier « dans Avignon  » en 1852. Il était chanoine honoraire de la Métropole Notre-Dame-des-Doms depuis 1850.


Abbé Moutonnet, sacristie de Montfavet

L’auteur de la nécrologie souligne l’ardeur qu’il a employée à restaurer et embellir l’église de Saint-Didier. Il fut l’auteur de « nombreux ouvrages dont la presse du pays a plusieurs fois parlé avec éloge. Ce n’est pas là néanmoins tout son mérite, ce prêtre modeste a fait par sa plume et par son zèle d’autres œuvres demeurées inconnues, mais il en aura trouvé devant Dieu la meilleure récompense ».

Les archives, en 1971

Nihil novi sub sole ! Dans le bulletin diocésain n°12 de 1971, une note concernant les archives paroissiales, et donnant quelques prescriptions, s’achevait ainsi :

Paperasse ! dira-t-on. Non ! Charité !
Charité pour ceux qui nous succéderont.
Charité pour les paroissiens qui ont besoin d’un renseignement ou d’un acte
Charité pour nous-mêmes qui saurons où trouver les documents dont nous aurons besoin et gagnerons un temps plus utile pour d’autres tâches.


Abbé Aubert, archives privées

Même si la note n’est pas signée, on peut penser qu’elle provient de l’archiviste de l’époque, depuis 1967, l’abbé Eugène Louis Alfred Aubert. Originaire de Mondragon où il est né le 28 octobre 1905, après son ordination le 22 décembre 1922, il fut vicaire à Bollène, puis curé du Beaucet en 1935, curé-doyen de Mormoiron en 1943, curé de Camaret en 1957 puis aumônier de l’Enclos Saint-Jean et archiviste en 1967. Il est décédé le 4 juin 1972.

 

Abbé Bruno Gerthoux
Archiviste

Nouvelle évangélisation> L’Effusion de l’Esprit Saint en paroisse, c’est possible ?

Voyons comment une paroisse a répondu à cette question.

Nous sommes à Nantes, avec le Père Philippe Marot et Aurore et Xavier. Tous trois sont membres de la communauté de l’Emmanuel.

Arrivant dans la paroisse de la Madeleine, le Père a un rêve, "remplir" encore plus cette église, de 1200 places avec 1000 personnes à la messe, dont 60% a moins de 16 ans.

La paroisse met en place l’adoration perpétuelle. Naissent alors des liens plus fort entre les paroissiens.

« C’est comme une sorte de va-et-vient, on dépose devant le Seigneur qui ensuite nous envoie vers l’extérieur. »

Force est de constater que la mission a suivi le développement de l’adoration.

Un petit groupe de prière est aussi formé, et des effusions personnelles (à la fin de parcours) proposées aux uns et aux autres.

À la fin du premier projet pastoral de deux ans, la paroisse « reçoit un appel » du Pape François, et une lettre pastorale de l’évêque les encourageant à avancer.

Un appel à passer d’une Équipe d’Animation Pastorale à une Équipe d’Animation Pastorale missionnaire, aboutissant, au terme d’un an et demi, à une mission.

Cette mission a fait grandir cette envie de participer à la mission. Des missionnaires qui s’occupaient de la logistique, d’autres de l’annonce explicite ;

Et voilà que cela a éveillé un désir missionnaire chez tous les participants.

Le Père se pose alors cette question :

« Quand les gens sont-ils là ? »

Puis partant du constat que "tout le monde est là pour la messe le dimanche", il imagine une messe avec une homélie de trois minutes suivie un enseignement de 30 minutes « topo » sur l’effusion de l’Esprit Saint.

On prévient les paroissiens, pas de surprise, pas de piège.

Et on prévoit le service enfants sur le même thème, simultanément.

Second problème, la date : Pentecôte ? Trois jours, tout le monde est absent ou de communion ….

La période creuse ? c’est janvier, on prend les 4 dimanches qui précèdent les vacances pour parler de l’Esprit Saint.

L’organisation ?

Une annonce dans le bulletin paroissial en décembre.

Annonce du parcours et définition, « prévoyez d’être renouvelés dans l’Esprit Saint »

Puis les 4 dimanches pour faire grandir le désir.

Enfin, le cinquième dimanche : « Ceux qui veulent être renouvelés, avancez ! »

Un choix posé pour la communauté paroissiale toute entière pour que tous ensemble soient missionnaires pour la paroisse.

Il y avait d’une part, les convaincus, ceux qui avaient déjà vécu une effusion de l’Esprit Saint, et d’autre part, ceux qui avait conscience que cela pouvait être important, et ceux, complètement en dehors du coup.

Enfin, le jour J, au cours de la messe, après le credo et … 95 % des gens se sont avancés !! Devant les marches de l’autel, tous à genoux.

Une prière explicite préparée, des chants à l’Esprit Saint.

Il y avait un désir profond d’être renouvelé, d’avancer dans la mission, tout simplement

Quels ont été les fruits ?

Cela a éveillé un désir missionnaire chez de nombreux paroissiens.

« On a regardé de manière nouvelle notre mission baptismale »

Quelques paroissiens ont témoigné d’avoir été profondément renouvelés.

Comme communauté, le groupe de prière est passé de 40 à 80-100 personnes chaque semaine.

Les échanges entre les paroissiens sont plus profonds, les relations ont été transformées : de mondanité vers des échanges vrais. Une grâce de fraternité, un désir d’être missionnaire.

Quelques semaines plus tard, des paroissiens partaient en mission pour le Rocher.

Toute la paroisse a prié, simplement à la fin de la messe, pour porter ces paroissiens qui devaient quitter la paroisse.

Aujourd’hui, l ‘éveil missionnaire demeure.

 

Comment expliquer l’effusion en quelques mots ?

Si vous n’avez pas été confirmé, on va vous préparer à la confirmation.

Si vous avez été confirmé, parfois l’Esprit Saint est endormi au fond de vous, c’est une manière de réveiller ce désir missionnaire auquel nous avons tous été appelés par notre baptême. Avez vous le désir de faire tomber ces peurs pour aller évangéliser ?

Le Père nous donne aussi l’image du verre de lait et du chocolat : si on ne remue pas, le chocolat se repose au fond, le lait devient tout blanc. Si on ne prends pas l’habitude de le réveiller, l’Esprit Saint s’endort, comme le chocolat …

 

Ce témoignage est extrait d’un atelier du Congrès Mission.

Le prochain Congrès Mission est décentralisé dans plusieurs villes de France cette année.

Il se tiendra les 1er, 2 et 3 octobre 2021, notamment à Marseille, Lyon et Toulouse.

Patrimoine> Aiguebelle : une Trappe dans son siècle

Dans la Drôme, tout près de l’enclave de Valréas, cette Trappe va vous faire voyager dans le temps et dans l’espace...

Venant de Grignan par Réauville, en bordure d’un giratoire très banal, paît un troupeau de vaches, chose insolite dans le Midi. En bon touriste, je m’arrête dans les meuglements. En face, une croix de fonte sur son socle de pierre, puis un oratoire à saint Joseph portant l’Enfant Jésus : je suis en approche de l’abbaye. La route s’enfonce dans un sous-bois dense qui débouche sur un vallon encaissé, au confluent de trois ruisseaux cascadant et limpides : le Rang et la Flamenche au nord, la Vence au sud qui donnèrent leur nom : les belles eaux, Aiguebelle…

Aiguebelle cloitre

Un site typique de l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance (O.C.S.O.) sur lequel une douzaine de moines venant de l’abbaye de Richemont bâtirent leur nouvelle fondation au XIIe siècle, dédiée à Notre Dame. Huit siècles d’une histoire mouvementée : ils ne sont plus que trois en 1791 lorsque la Révolution les chasse. En 1815, des cisterciens français issus de la Trappe et émigrés en Suisse rachètent les lieux. Ils sont aujourd’hui une bonne vingtaine. Commencez par vous promener entre ces bâtiments agricoles toujours en activité : hangars abritant herses, charrues, tracteurs et charrettes que vous croiserez en semaine. À votre droite, les bâtiments conventuels, le magasin, l’abbatiale. 

À votre gauche, le Mémorial. Le mémorial ? Oui, car cette abbaye est la maison mère de la Trappe de Tibhirine où en 1996, 7 moines sont enlevés, égorgés puis décapités avec leur prieur Dom Christian de Chergé. Ce petit musée très sobre en célèbre la mémoire, ainsi que celle des douze autres religieux et religieuses qui furent assassinés en Algérie à cause de leur foi dans les mêmes années, dont Mgr Claverie, évêque d’Oran. Leurs biographies, leurs photos, leurs souvenirs vous présenteront des parcours émouvants. Ils furent béatifiés le 8 décembre 2018 dans la cathédrale d’Oran. 

En sortant, montez les quelques marches qui vous mènent au pied de la falaise où s’ouvre la grotte… de Lourdes… Là, à la lumière vacillante des bougies, vous apercevrez des chapelets, des médailles, des photos glissés dans les failles du rocher ; vous lirez les ex-voto de marbre attestant que la Vierge a entendu la détresse de pèlerins… des billets de papier sont glissés entre les pierres : ne soyez pas indiscret, ne les lisez pas, ce ne sont que de pauvres peines, de douloureux petits secrets si personnels confiés à la mansuétude de la Bonne Mère…

Passez ensuite le minuscule pont de pierre au-dessus du ruisseau et suivez l’étroit chemin à flanc de falaise qui longe le ruisseau cascadant qui vous conduira à l’abbatiale. Sa visite est libre. J’ai eu la chance d’y entrer un jour de fête en janvier dernier, la messe venait de commencer avec une assistance d’une dizaine de personnes masquées – Covid oblige – Le soleil entrait par les trois oculi de la paroi sud sous la forme de puissants faisceaux de lumière dans lesquels dansait la poussière… la lumière, l’architecture romane, le chant des moines, la liturgie : un de ces moments inspirés qui transfigure une journée. 

Il vous reste à passer au magasin des produits monastiques, dont beaucoup sont produits par les moines d’Aiguebelle qui vivent de leur travail manuel : 

Le Mémorial de Tibhirine

Tout d’abord, la fameuse croix de Tibhirine, réplique de l’icône « écrite » par la sœur Françoise en 1996 sur les indications de Christian de Chergé : « Le Christ, représenté en majesté dans « le geste invaincu de l’Amour embrassant le monde », en habit blanc évoquant la Transfiguration, drapé de rouge signifiant sa royauté, les yeux ouverts, les mains tournées vers le haut et tenues par des étoiles de lumière symbolisant son amour pour tous les hommes, est montré ressuscité comme écrit sur l’écriteau (en arabe) : « Il est ressuscité ». « C’est l’amour, et non les clous, qui le tenait fixé à ce gibet que nous lui avions taillé. » (Père Christian de Chergé)

Je vous recommande aussi les tisanes cultivées, ramassées et traitées par les moines, de même que le Lavandin de Provence huile essentielles, sans oublier le miel et le pollen de fleurs du rucher de l’Abbaye.

La partie librairie est très bien fournie : bref, un modèle de magasin monastique.

Quittez le parking par le haut de l’Abbaye devant l’hôtellerie monastique, énorme construction du XIXe d’un style hésitant entre caserne et pensionnat, qui peut vous accueillir pour des séjours, puis prenez la route de Montjoyer : le paysage devient sauvage, désertique… l’étroite route serpente sur des kilomètres entre les rangs de lavandes, les bosquets de chênes verts clôturés : les truffières ! Gardez l’espoir : vous récupèrerez les nuisances du siècle un peu plus loin, vers Grignan.

François-Marie Legœuil