Regarder vers le Ciel

1er février 2022

Regarder vers le Ciel ? Cela peut paraître normal pour un sacristain de paroisse...mais Thierry, qui habite à Saint-Saturnin-lès-Apt, n’a pas toujours été sacristain ! Sa vie d’avant a été marquée par de lourds problèmes d’addiction.

De son enfance, Thierry garde le souvenir d’une vie non miséreuse, marquée par un manque de dialogue avec son père. Et puis il y a cette grosse blessure à l’adolescence : « En apprentissage dans une menuiserie, je suis tombé sur une personne pédophile ».

Il n’en parle pas à ses parents de peur de ne pas être cru, mais décide d’arrêter la menuiserie. Ainsi à16 ans, son père l’envoie travailler à l’usine. Il y restera à mettre des lames derrière une machine 8 heures par jour, durant 7 ans.

« Je sentais bien qu’il fallait que je fasse autre chose ! »
Thierry part alors vers les territoires d’outre-mer, reprend l’école par des formations de la Chambre des Métiers, passe un CAP en candidat libre, puis un brevet de maîtrise d’agencement. 
Thierry se marie et a deux enfants.

Et puis ce fut « la descente aux enfers ! »

« Ça a commencé par la drogue vers l’âge de 16 ans par manque de confiance, et j’ai été pris dans cette addiction. Je ne voulais pas reconnaître qui j’étais et l’engrenage infernal a commencé. La drogue peut rendre heureux sur le moment, mais c’est une fausse joie, car quand la drogue n’a plus son effet, la réalité devient encore plus difficile car on n’a plus de repère. Des idées noires jusqu’à la tentative de suicide ! Prisonnier de tout ça, je cherchais quelque chose que je ne trouvais pas. »
Plusieurs tentatives de sevrage, l’acupuncture pendant des années, rien n’a jamais marché ! Ses relations au travail étaient compliquées.

« Et puis j’avais un cœur de pierre ! Vers qui me tourner, je ne trouvais pas ! »

« Un jour de janvier, je me suis mis sur le palier de chez moi, j’ai ouvert la fenêtre, j’ai écarté les bras et j’ai regardé vers le ciel ; et là, j’ai été rempli de frissons comme jamais ; et mon cœur s’est rempli de joie, alors que cela faisait des années que j’étais dans la tristesse. Juste j’ai levé les yeux et ça a changé ma vie. Je sentais quelque chose qui me poussait à avancer. Et à partir de là, ça a changé ma vie. »
Thierry rencontre une dame qui lui conseille d’aller au Barroux faire une retraite. Il s’en trouvera en paix avec lui-même et avec les autres. Il se met ensuite à retourner à la paroisse et rencontre le Père Johan à qui il confie son témoignage. Le prêtre lui assure qu’il a été touché par la grâce du Seigneur et lui propose le sacrement de confirmation, que Thierry a reçu au mois de juin dernier.

Et la drogue ? « Terminée ! plus d’envie, plus de manque, grâce au Seigneur ! Je remercie le Seigneur pour ce qu’Il a fait pour moi ! Dieu est bon pour tous : il suffit d’ouvrir son cœur et Il donnera sa joie et nous libérera de nos ténèbres ! »
Aujourd’hui, Thierry rayonne la joie à travers son service de sacristain, sa lecture de la Bible, sa participation au pélé VTT, sa soif de catéchèse, sa joie de rencontrer des gens, jeunes ou vieux et d’écouter ce que Dieu veut dire à travers eux.


« En réfléchissant bien aujourd’hui, je sais que le Seigneur a toujours été avec moi ; je n’ai pas su être à son écoute, mais maintenant je suis à son écoute et je le cherche toujours : je sais qu’Il est avec moi ! »

 

Résumé d’un entretien avec Martine Racine pour l’émission « Pourquoi le taire » sur RCF Vaucluse,
par Sylvie Testud