1er mai 2023


Edito de l’évêque> « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église, et la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. »

Le temps pascal est ce temps où il nous est donné de goûter le souffle de la Résurrection et la présence du Vivant dans la proximité de nos vies.

Ils sont finis les jours de la passion. Peu à peu nous sommes réinvités à nous laisser imprégner et rejoindre par la Nouvelle qui jaillit, accueillie par les femmes au tombeau et qui vient se déployer de rencontres en rencontres. Les Évangiles et le livre des Actes en foisonnent et nous donnent chaque jour d’en retrouver la nouveauté et la force.

Cette cinquantaine pascale laisse se déployer en nous la joie du Vivant, désormais revenue de toute peur et qui nous entraîne. Et cette joie déborde largement dans les pages du Nouveau Testament.

Ces derniers jours m’ont conduit sur le chemin de Saint-Jacques du côté du Puy-en-Velay, pour quelques heures partagées avec des jeunes collégiens et lycéens de Saint-Jean-Paul II à Avignon. Avec aussi de nombreux adultes permettant que ces jours soient possibles.

Puis, j’ai rejoint à Lourdes des collégiens et jeunes lycéens d’autres établissements du Vaucluse vivant des journées de pèlerinage à l’école de Marie et de Bernadette. Là encore, bien des adultes dont des prêtres vivaient ces moments avec eux.

Je reçois ce jour, par ses proches et nombreux amis, l’annonce du décès d’un prêtre de 90 ans, serviteur du Christ et de son Église dans un autre diocèse. Il aura été jusqu’au bout, présent à beaucoup, actif, engagé à la rencontre, à la proximité et au soutien de bien des personnes. « Notre ami s’en est allé aujourd’hui : où encore ? Toujours par monts et par vaux… les portes là-haut sont grandes ouvertes comme son cœur à lui. Mais le nôtre est tout meurtri ».

Au soir de ce jour, alors qu’il a été garni de bien des choses heureuses et douloureuses, je m’arrête quelques instants pour repenser à lui, à sa longue vie, à ses années de ministère. Je le connaissais principalement par l’estime que d’autres lui portaient. Estime qui n’était qu’un modeste rejaillissement de sa vie avec eux, de son attention, de sa présence, de ses liens… de Celui qui l’animait.

Au soir de ce jour, je repense et relie simplement ces événements. Ce sont des moments de la vie de jeunes, d’adultes, de personnes plus âgées, tous éclairés par l’accueil de plus grand que soi.

Je me dis que la foi, nous allons la puiser dans les Ecritures, ces témoignages premiers et fondamentaux qui nous parlent de la Rencontre de Jésus avec des hommes et des femmes de son temps, de sa vie de sa mort, de son amour livré… pour que tous aient la vie.

Je me dis que la foi jaillit au cœur de celles et de ceux qui ont su le reconnaître Vivant au-delà de la mort, et se sont aidés les uns les autres à accueillir l’étonnant de cette Nouvelle.

Je me dis que la foi aujourd’hui encore demeure appuyée et appelée par ce mouvement : nous croyons à la Parole de témoins, nous l’accueillons des uns et des autres, et ainsi nous en vivons et en devenons signes et témoins pour d’autres.

Au cœur des nouvelles du jour, il y avait encore et encore les drames de notre terre, la violence du monde, les rejets des personnes, et de manière plus proche : la fragilité de notre Eglise et de ses responsables, la défaillance de tel ou tel.

Ainsi va notre vie, notre terre, notre monde… ainsi va notre Eglise… bien fragile, ébranlée, incertaine… mais au cœur des fragilités porteuses de cette inouï d’un amour donné qui transperce la mort.

Ainsi, témoigner de la foi, en accueillir la nouveauté, c’est constamment se laisser éclairer, entraîner par d’autres, déplacer… pour percevoir cette puissance qui nous rejoint, nous relève, nous appelle.

La foi n’est pas isolée, elle n’est pas une option, elle est ce mouvement qu’il nous est donné d’accueillir et qui nous entraîne.

Merci à tous ceux et celles qui en ces jours ont accueillis avec d’autres cet élan de la foi et l’ont partagé avec d’autres, pour d’autres…
Merci aux adolescents et aux jeunes se laissant entraîner dans une confiance pour leur vie.
Merci aux adultes baptisés, religieux, prêtres, goûtant de manière renouvelée la fraîcheur de cette annonce.
Merci à G… Il est un aîné parmi nous, il précède nombre d’entre nous de bien des années… Sa vie, il l’a mise au service de bien des personnes. C’est ainsi qu’il l’a donnée. Jusqu’au bout il en a été vivant.
Avec lui nous accueillons nous mesurons un peu mieux la force du Vivant.

Il est beau, le Temps Pascal. Ne passons pas à côté de son parfum.

+ François Fonlupt
Archevêque d’Avignon

Paroisses en créations > Sources d’eau vive

Au lendemain de la Veillée Pascale, durant laquelle le rite de l’aspersion nous a revigoré, nous voici déjà entrés dans la période ensoleillée du printemps et de l’été provençaux : c’est-à-dire lumineux, venteux et … secs. Il ne pleut pas assez pour reconstituer nos réserves phréatiques, tout au plus pour aider les jeunes pousses à démarrer. Cela permet de tenir en surface, mais ce n’est pas suffisant pour durer toute la saison ; cela permet d’assurer un minimum, mais ce n’est pas suffisant pour répondre à une vraie ambition. Comme une vieille habitude humaine que nous pratiquons régulièrement et qui nous évite de nous poser les bonnes questions. Je le vois dans la règlementation dite écologique pour la construction. L’Etat pose un minimum en dessous duquel l’entrepreneur tombe dans l’illégalité : c’est dire à quel point son résultat serait médiocre sous ce minimum ! Mais au lieu d’y voir un seuil d’indécence et une énorme marge de progression, la validation au plus juste et au plus proche du minimum semble être satisfaisante, suffisante, probante. Quelle ambition ! Quelle audace dans les projets ! L’exemple est transposable dans beaucoup de sujets, y compris la Mission. Nous avons été baptisés prêtres, prophètes et rois, non pas pour nous contenter d’un frileux témoignage de surface, à peine irrigué des sources de l’Esprit Saint, mais bien pour puiser dans l’eau jaillissante du côté du Temple et, d’un fleuve immense, inonder les nations ! En toute sécurité et béatitude, bien sûr.

... C’est toi qui m’aurais demandé à boire.

Nous le savons bien, ce manque d’eau, source de vie, met en évidence qu’il ne s’agit plus de palier au fur et à mesure, de trouver des subterfuges et solutions d’urgence, mais d’engager un renouvellement profond et durable de nos manières de consommer et de produire, d’une part, mais aussi d’être au monde.

J’ai d’ailleurs été assez étonnée de découvrir, dans les 4 scénarios proposés par l’ADEME pour une transition à l’horizon 2050, sobrement intitulés « choisir maintenant – agir pour le climat », que seuls 2 scénarios limitent le recours à l’irrigation. Dans le bilan comparé des 4 scénarios, les besoins en eau pour l’irrigation passent de 2.7 à 3.07 pour le scénario « Technologies vertes », et de 2.7 à 4.5 pour le scénario « pari réparateur » qui favorise une agriculture intensive. Nous voilà bien ! Les seuls scénarios « Génération frugale » et « Coopérations territoriales » réduisent les besoins respectivement à 1.85 et 2.28.

Le résumé de ces scénarios parle de gouvernance, économie, frugalité, technologies compétitives, bio, production, efforts, vite et profonds. Pas un mot sur la tempérance, la justice, la prudence, et même le courage (des choix ?). Pourtant les liens avec les vertus, notamment les douze vertus communes : l’affabilité, la discrétion, la bonhomie, la franchise, la loyauté, la gratitude, la prévenance, l’urbanité, la mesure, la placidité, la constance, la générosité me semblent évidents. Leur pratique ne peut que nous engager sur un nouveau chemin.

Un évêque sud-américain s’étonnait que l’on dépense des fortunes pour vérifier l’existence de traces d’eau sur d’autres planètes alors qu’il faudrait œuvrer à rendre l’eau accessible et potable ici-même, et de se demander s’il existe une forme d’intelligence sur Terre.

Nous, croyants qui avons la capacité de distinguer l’eau bénite de l’eau plate, nous ne pouvons rester immobiles et muets quand les autres ne s’abreuvent et ne vivent que d’un arrosage de surface. Aux initiatives pratiques comme l’installation de récupérateurs d’eau, l’aménagement de nos jardins paroissiaux avec des plantes résistantes à la sécheresse, le choix de tissus moins gourmands en eau (7 à 10 000L sont nécessaires à la fabrication d’un jean), etc., nous pouvons aussi ajouter le témoignage de la joie de l’Évangile, de la pratique de l’écologie intégrale, et des bienfaits que Dieu dispense avec générosité quand on se met à son école.

Pourquoi pas autour d’un célèbre apéritif, coupé à l’eau … !

Marie-Anne Molle

Portrait> En mission deux par deux

Julien-Paul Sobas est prêtre du diocèse d’Avignon depuis 2015 et recteur du séminaire Redemptoris Mater à Sorgues. Il fait partie du Chemin néocatéchuménal, dont la spiritualité est de découvrir ou d’approfondir la foi afin de vivre le Baptême et d’essayer de devenir un chrétien adulte ; c’est un chemin qui se vit en petites communautés.

Durant l’été 2018, père Julien-Paul a vécu une expérience extraordinaire : "Cet été-là, 400 frères du Chemin Néocatéchuménal –des prêtres mais aussi des laïcs, des séminaristes- ont été convoqués pour être envoyés en mission deux par deux dans tous les départements du sud de la France, pour vivre une expérience de mission, en étant envoyés sans argent, sans téléphone, sans vêtement de rechange, sans nourriture ni contact sur place, abandonnés à Dieu pour évangéliser, pour être ses instruments pendant une semaine. Avant d’être envoyés, on a vécu 4 jours de « convivance » : 4 jours où on se retrouve, où on est nourri par la Parole de Dieu, la prédication, la célébration de la réconciliation, par la joie d’être ensemble ; on a ensuite tiré au sort les binômes, les lieux de destination de chacun. Moi, j’ai été déposé à Saint Flour avec un père de famille qui s’appelle Charles-Emmanuel et là ça a commencé !"
 

Abandonnés à Dieu pour évangéliser, ils parlent à toutes les personnes qu’ils croisent.

« Rapidement, on a vraiment vu des personnes qui se sont ouvertes, en grande souffrance. Une des premières personnes qui nous a parlé est un jeune de 25 ans qui s’était tiré une flèche d’arbalète pour se suicider ; il a trouvé quelqu’un qui l’écoutait et qui donnait aussi une réponse : on est là pour dire notre expérience, car on est autant blessé que cet homme-là. Moi, si dans ma vie, je n’avais pas eu une Bonne Nouvelle, j’aurais pu me suicider parce que la vie est dure.
A partir de 19h on commençait à se demander où on allait dormir ; on regarde le mur qui se trouvait en face et sur ce mur une flèche bleue, puis en prenant cette direction, une seconde flèche puis une troisième et on tombe sur le monastère de la Visitation. On a été reçu par celle que je croyais être la Supérieure et on lui a fait l’annonce du kérygme de la Bonne Nouvelle car on était là pour tous."

En écoutant cette annonce, elle s’est profondément courbée puis, après l’annonce, elle nous a regardé dans les yeux en disant : "Vous êtes des envoyés de Dieu,

vous avez une chambre à disposition tout le temps de votre mission, tout comme les repas.« Pour elle, on était les envoyés de Dieu car on répondait à une prière de demande qu’elle avait depuis longtemps. » 
Pour autant, ils ne resteront pas là tout le temps, le Seigneur leur ouvrant d’autres portes chez des personnes inconnues, ou dormant dans un four à pain dans un hameau de 15 habitants.
A Aurillac, un jour, Julien-Paul est allé frapper au Nom de Jésus-Christ, et voyant que toutes les portes se fermaient dans cette ville, les voilà partis en stop pour Murat. « Là, l’annonce a été bien accueillie. On a vu la Providence de Dieu tout le temps, même dans le manque comme la nuit où nous avons dormi dehors : ce fut un honneur de le faire pour Jésus le Christ."

On n’a fait qu’évangéliser, et Dieu nous a donné l’hébergement et la nourriture.

On est tous revenus le même jour : c’était impressionnant de voir comment tous on avait le sourire ; on n’avait même pas besoin de parler : on regardait le visage de l’autre et on vivait la communion ; les jeunes ont vu revenir leurs parents contents comme jamais et ils demandaient quand eux-mêmes pourraient vivre une telle expérience. Et puis, la prière a été fondamentale pour notre envoi et tout au long de la mission : j’étais là pour faire ce que Jésus me disait de faire, et non pour m’annoncer moi-même. On nous a enlevé tout le superflu pour que nous n’ayons plus qu’à écouter sa volonté."

Résumé d’un entretien avec Martine Racine pour l’émission « Pourquoi le Taire » sur RCF Vaucluse

par Sylvie Testud

 

Le livre du mois> Les nouveaux visages de l’ésotérisme, de Jean-Christophe Thibaut

Voici un livre très bien documenté qui étudie le sujet des nouvelles spiritualités sous tous ses aspects, psychologiques (développement personnel…) aussi bien que scientifiques (médecines alternatives) jusqu’à ses formes les plus extrêmes (magie), tout en les mettant dans la perspective chrétienne.

On s’y perd un peu parfois tellement ce livre foisonne, mais heureusement des tableaux comparatifs des principes de l’ésotérisme et de la doctrine chrétienne aident à se repérer.

Quoi qu’il en soit, l’objectif principal est de

comprendre pourquoi ces spiritualités prennent un tel essor aujourd’hui au détriment de la religion catholique qui a pourtant fondé notre civilisation.

Certes, ces nouveaux mouvements ésotériques se développent avec d’autant plus de facilité qu’ils évoluent sur le terrain d’une Eglise blessée et fragilisée, mais ils trouvent surtout un terrain favorable qu’offre la post modernité, qui se définit par

  • Un accroissement de l’individualisme et une sacralisation de la liberté de choix
  • Un relativisme et un subjectivisme de la pensée caractérisant l’ère de la post-vérité
  • Le primat de l’émotion sur la raison
  • Le primat de l’expérience personnelle et la perte du rapport au réel
  • Un refus du contrôle institutionnel sur un plan politique, éducatif, religieux
  • Une quête exacerbée de bonheur immédiat ou d’épanouissement personnel
  • Une grande fluidité des appartenances religieuses, des croyances sur mesure, un bricolage spirituel
  • Une conviction qu’il est possible de se transformer soi-même par des techniques appropriées : méditation, yoga, etc.
  • Une recherche d’unité et de syncrétisme : croyance en la convergence des religions en une conscience planétaire

L’ésotérisme se réfère en effet à une connaissance primordiale oubliée qu’il faudrait retrouver par voie d’initiation.

Il repose également sur une vision cyclique du temps où les réincarnations successives offriraient à l’homme une voie de perfectionnement pour atteindre l’illumination et se fondre dans le cosmos.

D’ailleurs la seule responsabilité de l’homme est centrée sur ce cosmos qui est déifié : la déesse mère Gaïa supplante en effet le Dieu patriarcal judéo-chrétien, avec sa bonne vieille morale remisée au placard ; plus de notion de bien et de mal, pas de péché non plus, et donc pas de Rédemption !

On se sauve tout seul.

Mais rien de nouveau sous le soleil… En effet, si l’on y regarde bien, ce sont des résurgences sous différentes formes, des hérésies gnostiques des premiers temps du Christianisme - condamnées comme telles par les Pères de l’Église notamment par Saint Irénée qui dénonce la Gnose au nom menteur - où Dieu finalement n’a pas grande importance tant il est réduit à la mesure humaine.

C’est pourquoi l’on préfère parler de spiritualité, qui évoque une libre expérience personnelle, plutôt que de religion, qui évoque à la fois le caractère institutionnel d’une communauté, et une vérité révélée par un Dieu transcendant en qui il faudrait croire.

Dieu est en effet perçu comme une énergie cosmique sur laquelle se brancher puis se fondre, mais pas du tout comme une personne distincte avec qui entrer dans une relation d’amour, ce qui est beaucoup plus exigeant.

Si la figure du Christ reste un modèle spirituel, c’est comme un principe abstrait, une conscience christique qui se serait incarnée dans de nombreux maîtres : Jésus, Bouddha ou Mohamed ; pas du tout comme un Dieu fait homme venu donner sa vie pour notre salut.

On le voit, on est bien loin du plan de ce Dieu d’amour qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1Tim 2, 4)

La vérité que Dieu nous offre n’est pas une simple connaissance, une gnose, mais elle est une parole de vie, une parole qui vient nous libérer de tous nos esclavages.

« La vérité vous rendra libres »

Enseignement catholique > Qu’est-ce que le Conseil de tutelle ?

Par Mme Dominique Giffault, membre du Conseil de tutelle diocésaine et ancienne Chef d’établissement de l’Ecole Saint-Charles (Avignon)

L’Evêque, responsable de l’Enseignement Catholique de son diocèse, mandate ou agrée des autorités de tutelle diocésaines ou congréganistes, assistées du Conseils de tutelle (Statut de l’Enseignement Catholique §179).

Le Conseil de tutelle est une organisation (conseil) de la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique dans le département. Sous la haute autorité de l’évêque et son délégué épiscopal (Tutelle), le Directeur de l’enseignement catholique du département nomme des personnes qui apportent leur expertise et leur réflexion.

Le Conseil, une dizaine de personnes

Dans notre diocèse, le Conseil de tutelle réunit des membres salariés de la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique (invités permanents) aux fonctions tantôt d’animation pastorale tantôt d’animation pédagogique, ainsi que des membres de la société civile engagés pour le bien de l’enseignement catholique local.

La Mission

Le Directeur diocésain donne les orientations des sujets de l’année ou de long terme à traiter. Les membres doivent discuter et apporter un éclairage pour les décisions ou les orientations que le Directeur diocésain rédigera et mettra en œuvre.

L’autorité de tutelle est garante de la dynamique missionnaire d’une école dans le respect de la mission reçue. Elle cherche à encourager la vitalité de la communauté éducative (qualité des relations, innovation pédagogique, participation de tous…). Elle veille aussi à ce que le projet éducatif soit fondé sur l’Évangile.

Quelles missions sont elles concernées ?

  • Choix et envoi en mission (nomination) des Chefs d’établissement des écoles, collèges et lycées diocésains
  • Suivi des prises de fonction des nouveaux chefs d’établissement
  • Visite triennale des établissements sous tutelle diocésaine, c’est à dire une photographie d’un établissement à un moment choisi avec rencontre de tous les personnels qui y travaillent et toutes les personnes bénévoles qui veillent à la bonne marche de l’entité scolaire (OGEC) et restitution des pistes de travail aux membres de l’entité scolaire.
  • Formation spécifique des maîtres (caractère propre) et examen des besoins pédagogiques à venir
  • Vigilance des effectifs scolaires
  • Avis sur les ouvertures et fermetures de classe
  • Examen des causes difficiles

Le conseil de Tutelle du Vaucluse a été renouvelé récemment sous l’autorité de l’évêque .
C’est une organisation exceptionnelle et dynamique par les membres qui y siègent, qui contribue à faciliter la charge de responsabilité du Directeur Diocésain.

Engagée depuis des années dans ce Conseil, je peux témoigner ici de l’implication remarquable de chacun des membres. Nous sommes tous portés par notre mission d’Eglise inspirée par Jésus Christ, qui nous réunit. Dans nos réflexions, nous essayons de donner une analyse fine et motivée.

L’apport de chacun est un solide soutien dans la prise de décision du Directeur diocésain.
Ce lieu de réflexion semble pertinent et paraît être un véritable soutien dans la charge du Directeur Diocésain et celle de son équipe.

 

Il y a 100 ans dans le diocèse> Autrefois dans le diocèse d’Avignon - Mai 1873-1973

Monsieur l’abbé Adolphe Peyre, 1806-1873

Adolphe Marie François Xavier Peyre est né le 12 mars 1806 à Caromb. Il fut ordonné prêtre le 23 janvier 1831. D’abord vicaire à Apt, puis à Carpentras en 1832, il fut aussi professeur au Petit-Séminaire de Sainte-Garde-des-Champs, et devint recteur de la paroisse de « Saint-Didier-sur-Pernes » à partir de 1837 jusqu’en 1871, date à laquelle il se retira.

« Le clergé de ce diocèse qui, malgré le voile de modestie dont s’est toujours couvert ce digne prêtre, a connu tout ce qu’il valait par ses vertus, son instruction et les qualités de son cœur, et qui a pu apprécier le bien que son zèle a produit dans tous les postes où il lui a été donné de l’exercer, sentira sa perte bien vivement. »

Il est décédé le 15 mai 1873 au Petit-Séminaire de Sainte-Garde « où il avait professé de longues années, et qu’il avait toujours considéré et affectionné, étant curé de Saint-Didier, comme une communauté dont il n’avait jamais cessé de faire partie ».


Cloître de Sainte-Garde
L’abbé Emmanuel Bernard, supérieur, et Mgr Sylvain

Eglise votive du Sacré-Cœur, pose de la première pierre, 27 mai 1923

L’édification de cette église votive tenait particulièrement à cœur à Mgr Latty, et le moment était venu, enfin, après avoir récolté de nombreux dons, de poser et bénir la première pierre de cet édifice qui sera réalisé selon les plans de M. Léon Véran, architecte qui a déjà réalisé l’église de Saint-Ruf. Monsieur le chanoine Aurouze en fut l’ardent artisan.


M. le chanoine Aurouze

« L’enceinte de l’édifice orné de drapeaux tricolores, est envahie par la foule pieuse avide d’un spectacle rare et impressionnant ». L’archevêque, accompagné des vicaires généraux et du chancelier, «  gagne l’emplacement élevé où est disposée la pierre qui recevra la bénédiction ». Dans son allocution, « Sa Grandeur déterminait les raisons d’être de l’église à construire : former une paroisse, remercier le Sacré-Cœur de la victoire, perpétuer la mémoire de nos soldats tombés dans la mêlée ».

Une cavité est aménagée dans un bloc de pierre, où seront introduits « un rouleau de plomb où des pièces de monnaie au millésime de l’année ont été glissées ainsi qu’une feuille de parchemin » qui rappelle l’événement. Lorsque le pasteur scelle la pierre, l’assemblée chante le Credo puis le « cantique si populaire Prouvençau e Catouli ».

« S’inspirant alors des rites de la cérémonie, Sa Grandeur montre l’Eglise, éternelle bâtisseuse de temples, à la gloire de Dieu. C’est sa mission d’aller de l’avant toujours et de n’être pas arrêtée par les persécutions ou l’hostilité latente. »

Petite histoire de l’église du Sacré-Coeur en images

Dou brès… a la Gleiso, mai 1973

En ce mois de mai 1973, vingt ans après la parution d’un premier recueil de poésies, récits, panégyriques et sermons, un second tome vient de paraître aux éditions Aubanel.


Monsieur le chanoine Laporte et Mgr Avril
juste derrière eux
M. l’abbé Lucien Lion - M. l’abbé Jean-Marie Pin

Mgr Jules Avril, l’auteur, précise dans son avant-propos : « félibre prèire, siéu d’abord prèire félibre ». « Sa connaissance de sa langue provençale, de ses richesses et de tout ce qu’elle suggère permet au félibre majoral de faire chanter sa foi de prêtre et son amour de l’Eglise ».


Prèire, la Coupo Santo es d’abord moun calice,
Verbum et Sang Divin parlon dou Sacrifice ;
Verba, Coupo et Cigalo es noste paraulis ;
Vinum, Tourre et tambèn cigalo : moun païs.

Abbé Bruno Gerthoux
Archiviste

Patrimoine> L’Abbaye des Célestins : les stigmates de l’Histoire tourmentée d’Avignon

Les cernes d’un tronc d’arbre multicentenaire portent, dit-on, les traces de l’histoire climatique qu’il a traversée : sécheresses, inondations, tornades, brûlures de foudre… de même, le vénérable couvent des Célestins d’Avignon exhibe à qui sait regarder, les cicatrices et les mutilations laissées par l’Histoire…

Nous sommes en 1392, époque crépusculaire : de l’autre côté du pont d’Avignon, le royaume de France est en pleine guerre de Cent Ans ; son roi Charles VI vient de devenir fou… Les Grandes Compagnies sont venus deux fois rançonner le Pape et les Français, puis le roi d’Aragon vont bientôt l’assiéger à deux reprises… La Papauté a regagné Rome, mais un second Conclave vient d’élire un antipape à Avignon - Clément VII : le Grand Schisme d’Occident démarre et durera quarante ans…

Nous sommes Place des Corps-Saints : le cimetière des indigents… C’est là, qu’entre les contreforts de la toute neuve chapelle de Tous-les-Saints, le cardinal Pierre de Luxembourg qui vient de mourir à 17 ans « en odeur de sainteté » a demandé à être enterré à même la terre comme ses amis les pauvres, si nombreux à prier sur sa tombe et qui témoigneront de 159 miracles, le premier, cinq jours seulement après sa mort…

Son oncle, le Pape Clément ouvre alors un dossier en vue de sa canonisation et décide d’élever une église pour abriter son tombeau, confiée à l’Ordre des Célestins déjà installés dans la région. Le Roi de France décide que ce sera une abbaye royale et ses oncles les ducs d’Orléans, de Berry et de Bourgogne poseront la première pierre. L’argent afflue, le projet est grandiose. Le portail -reconstruit au XVIIIe siècle- témoigne du parrainage royal : la couronne et les fleurs de lys entourées par le colliers des Ordres du Roi de ce siècle : celui de Saint-Michel avec son « double las », ses coquilles saint Jacques et son médaillon de « Monsieur saint Michel » et celui du Saint-Esprit avec la colombe de l’Esprit saint au centre de la croix de Malte à huit branches, ses couronnes et ses H pour Henri III son créateur :

Juste en dessous, debout, éclairé par les rayons de l’Esprit saint, l’ermite Célestin fondateur de l’Ordre - qui était devenu le Pape Célestin V, a de nouveau revêtu la bure et repousse le bras tendu les symboles (tiare et férule papale crucifère) de la papauté qu’il vient de quitter, car ce fut le seul pape à abdiquer avant Benoît XVI récemment :

Lys de France que l’on voit également au-dessus des cinq verrières du chœur, depuis la rue Saint-Michel :

L’antipape Clément VII s’y fait enterrer non loin de Pierre Luxembourg, d’autres cardinaux aussi. Vers1420, Clément VII meurt en Catalogne, le Grand Schisme se termine, le procès en canonisation est abandonné - Pierre restera Bienheureux… - l’argent vient à manquer, on arrête le chantier, on pose une façade provisoire et attendant des jours meilleurs qui ne viendront jamais. On voit très clairement aujourd’hui sur cette façade définitivement provisoire, les pierres posant les marques de chantier pour d’hypothétiques futurs travaux :

Toutefois, cette abbaye, même inachevée, deviendra aux dires des visiteurs le plus riche monument d’Avignon. En 1791, la ville est réunie à la France, la Révolution s’en empare, l’abbaye vendue à l’encan comme les autres. En 1801, elle devient avec le Cloître Saint-Louis une succursale des Invalides de Paris, en 1853 une prison, puis en 1894 la caserne d’Hautpoul pour abriter le 7e Génie et enfin Cité administrative en 1994… Reste un cloître dépouillé de son décor, une nef raclée à l’os et veuve de ses somptueuses décorations, de son mobilier, de ses tombeaux concassés en pierraille… Seules quelques traces font s’envoler notre imagination :

Et puis, vous pouvez toujours admirer à Saint-Didier, le magnifique groupe naguère dans une chapelle de l’abbaye, cadeau du Roi René et sculpté par Laurana au XVe siècle : « l’espame de la Vierge » qui n’avait échappé aux vandales que parce que les moines qui ne l’aimait plus, l’avaient relégué au grenier :

François-Marie Legœuil, mai 2023