Une vie consacrée à Carpentras

1er mars 2022

Sœur Antonia vient de fêter ses 60 ans de vie religieuse.
Voilà 46 ans que cette sœur augustine demeure à Carpentras. Certains disent qu’elle en est même son ange gardien !

Sa vie pourrait se résumer à créer du lien, comme elle aime le rappeler en citant Saint Augustin. 
Depuis son enfance corse, Antonia ou plutôt Jeannine, son prénom de baptême, est attirée par la vie religieuse.

« Il m’a semblé avoir un appel en rencontrant des sœurs franciscaines missionnaires de Marie qui venaient chaque année dans les villages pour quêter argent ou produits alimentaires pour les pauvres. C’était dans les années 1945 et trois de mes sœurs et moi-même étions impressionnées et voulions être comme elles ! »
Plus tard, c’est à un Père missionnaire oblat de Marie Immaculée, qu’elle confie son désir et c’est lui qui va l’aider à continuer à répondre à son appel.

A 18 ans, la jeune fille rencontre des Filles de la charité et elle quitte alors sa terre natale corse pour un poste de monitrice d’internat à Avignon. Elle n’y restera que six mois à cause de problèmes de santé. Et toujours attirée par la vie religieuse, elle passera sa convalescence chez des Franciscaines missionnaires de Marie. Elle obtient ensuite un poste à l’hôpital de Bastia.

C’est durant des vacances en Vaucluse qu’elle va rencontrer les sœurs augustines de Carpentras. « A ce moment-là, j’étais surtout décidée pour les Filles de la Charité ; la sœur augustine, Marie-Antoinette, me dit ce jour-là, de rentrer dans sa communauté ; et j’ai répondu : - Jamais je ne rentrerai chez vous car j’ai vu qu’il y avait des grilles ; si je rentre, je les ferai sauter ! »
De retour en Corse, on annonce à la jeune fille que cette sœur était malade et qu’elle donnait beaucoup d’inquiétude.

« J’ai pleuré toute la journée car je sentais que j’y étais attachée et que le Seigneur me voulait là-bas ! »

C‘est ainsi qu’Antonia entre à 20 ans chez les sœurs augustines, en passant tout d’abord par Meaux pour aller faire son noviciat à la maison-mère et pour obtenir un diplôme d’aide-soignante à Paris. La formation du noviciat en Seine et Marne était dure pour une Corse, et au bout d’un an et demi,

« J’ai pris la porte sans rien dire à personne, dans l’intention d’aller rejoindre ma sœur à Paris.

Arrivée devant la porte de la chapelle, j’ai eu comme une vision : Sœur Marie-Antoinette que j’avais connue à Carpentras et qui était décédée, m’a dit : « Retourne à la communauté ! » ; j’y suis retournée et depuis, je n’ai plus jamais eu de tentation. »

Elle prend le voile en 1962, et fait sa première profession en 1964. Et c’est ainsi que Sœur Antonia restera à l’Hôtel-Dieu de Carpentras, à prendre soin des malades, durant 25 ans.
Ensuite en 1984, avec d’autres chrétiens, est fondée une association qui s’occupe des pauvres dans la rue.
Aujourd’hui encore Sœur Antonia est très active, faisant « la chiffonnière » pour aider les pauvres, faisant de la communauté un lieu d’accueil pour jeunes et vieux, pour un moment d’écoute ou de partage.
Et si Sœur Antonia aime prendre la marguerite comme symbole, avec le cœur de Jésus et des pétales indiquant qu’elle (pétale) ne peut rien faire sans les autres pétales, elle n’en oublie pas moins que c’est grâce à sa vie de prière qu’elle peut faire tout ce qu’elle fait, qu’elle est, tous les jours, dans la joie de servir Dieu, les autres et l’Eglise !

Résumé d’un entretien avec Martine Racine pour l’émission « Pourquoi le taire » sur RCF Vaucluse,
par Sylvie Testud