La mi-Carême

24 mars 2025

Si la Mi-Carême, qui n’est qu’une indication dans le calendrier, a pu devenir dans certains pays ou régions, l’occasion de manifestations festives populaires, cette date n’est pas sans lien, évidemment, avec le calendrier liturgique et nous permet de mieux comprendre le sens du Carême.

En effet, le IVe Dimanche de Carême, proche de la Mi-Carême qui tombe en semaine, est connu par le premier mot de l’antienne d’ouverture de cette messe : Laetare. L’antienne d’ouverture, tirée du livre d’Isaïe (66, 10.11), dit « Laetare Jerusalem : et conventum facite omnes qui diligitis eam : gaudete cum laetitia, qui in tristitia fuistis : ut exsultetis, et satiemini ab uberibus consolationis vestrae. » « Réjouis-toi, Jérusalem ! et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez : soyez dans le bonheur réjouissez-vous avec allégresse, vous qui avez été dans la tristesse : vous pouvez bondir de joie et vous rassasier du lait de consolation qui est pour vous. ». L’une des caractéristiques de la liturgie romaine est la richesse de la présence de la Parole de Dieu, chantée, méditée, priée, proclamée, écoutée, vécue en vérité dans l’Esprit-Saint.

En ce dimanche, c’est une exhortation à la joie ! Depuis le Mercredi des Cendres, nous sommes entrés solennellement dans ce temps pénitence qui nous prépare à la réconciliation, en célébrant à Pâques les mystères de Notre Salut, par la Passion, la Mort et la Résurrection de Notre Sauveur, renouvelant ainsi la grâce de notre baptême.

Depuis plusieurs semaines déjà, la couleur violette des ornements, nous rappelle cette pénitence. En effet, le violet est un mélange de rouge et de bleu, comme pour nous rappeler que nous devons prendre les moyens d’élever nos corps et cœurs de chair (rouge) vers l’Eternel (bleu) et plus encore, peut-être, laisser l’Eternel (bleu) prendre sa place en nos vies de chair (rouge).

Notre Carême chrétien insiste moins sur les pénitences dans leur multiplicité – sans les ignorer ou les mépriser -, que sur la pénitence comme un chemin, un parcours, une durée, un pèlerinage qui demande constance, persévérance, fidélité. Et, si nous voulons parcourir ce chemin, et arriver au but, il faut en prendre concrètement les moyens.

Ces moyens doivent être tangibles dans notre vie, comme Notre Seigneur eut faim lors de son séjour au désert.

Au milieu du chemin, le IVe Dimanche et la mi-carême, nous remettent devant les yeux l’essentiel, à savoir le but du chemin, et par suite, nous font prendre conscience de ce que doivent être les moyens à prendre. C’est pour cela que ce dimanche, les ornements sont de couleur rose, c’est-à-dire un violet qui s’illumine de blanc.

Le blanc est celui de la fête de la Résurrection qui illumine le violet de notre pénitence, pour rappeler le sens, la raison de cette pénitence.

Abbé Bruno Gerthoux
Archiviste et chancelier